ASTROEMAIL
informations juridiques de la consommation de crédulité















Les propositions commerciales des astrologues, des voyants, des tireurs de cartes, et des plateformes en général, sont considérées en justice comme des mensonges. Des boniments. Avec ses genres. Notamment l'humanitaire inventé par Djémaro en 1935. Quand l'humanitaire sert de boniment à l'astrovoyance...


LA CROYANCE DANS LES POUVOIRS MAGIQUES HEURTE LE SENS COMMUN

Le mouvement se dessinait au début des années 2000, il est désormais généralisé à toute la France. Les juridictions considèrent désormais, au regard des jurisprudences que nous avons réunies, que les promesses des astrologues, des voyants, des marabouts, des astrovoyants, des tarologues et autres tireurs de cartes, caractérisent des boniments. Le terme exactement employé est celui de "prétentions". Au sens d'inventions,d'espérances vaines,d'impostures et surtout de mensonges. Des fables pour enfant, des boniments.


Cette approche présente l'avantage, pour les juges, de traiter le plaideur avec la jurisprudence mise en place pour apprécier sa crédulité afin de le débouter de ses demandes.


Ainsi le justiciable, qui se plaindrait d'avoir payé une prestation d'action à distance, restée sans résultat, du type de celles que proposait en juin 1982 l'initié "afro tibétain" Charles François Rambert dans sa publicité de Haute Magie, s'expose à recevoir cette réponse :

"contracter en connaissance de cause  sans se méprendre sur la personne avec laquelle on contracte. Au motif de la croyance erronée dans les pouvoirs magiques ou surnaturels de Rambert(1), heurte le sens commun, et ne constitue pas une erreur excusable".


Les "prestations payées" caractérisent en elles-mêmes le degré de crédulité avec lequel les juges se chargent de dissuader les justiciables de poursuivre les devineurs.


Il devient donc difficile, sans préparation particulière du dossier avec un spécialiste du traitement de la crédulité, pour un consommateur abusé, d'obtenir désormais gain de cause en justice contre un astrologue, un  voyant, un tireur de cartes, ou un prestataire quelconque en divinations.


Cette situation n'est pas spécifique aux astrologues voyants, elle concerne aussi d'autres domaines de la crédulité. Notamment les jeux publicitaires offrant des gains, ou encore les offres promotionnelles garnissant les pages des supports de programmes de télévision. Ainsi ce cas exposé sur astroemail d'une femme ayant reçu des promesses de gain, déboutée de son action au motif que :


"Sa persistance à répondre scrupuleusement à ces multiples courriers correspond davantage à l'attitude d'une personne qui joue régulièrement à un jeu de hasard en ayant la conviction que sa persévérance finira par être récompensée, il n'appartient pas au tribunal de réparer sa malchance"


Le client du devineur, comme de l'annonceur, est pénalisé en premier par les juges, pour sa crédulité.


La naïveté s'apprécie à la mesure de la proposition faite. Il convient donc de faire le tri entre celles, relevant de l'évidente bêtise, de celles relevant de l'astuce. Il existe aussi des "prétentions" mixant les deux. Une part de gogo et une part de subterfuge cachée dans le texte de la proposition.


On observe, pour le moment, que les devineurs sont tenus à l'écart des sanctions. La situation ne saurait durer, cette rente judiciaire n'est que temporaire.


Les prestations devinatoires présentent l'avantage d'offrir plusieurs exemples significatifs à partir des annonces destinées à attirer l'attention du public des gobeurs.


D'ici peu proposer la lecture de l'avenir par les planètes constituera un  cas classique de jobarderie. De la même façon que d'affirmer être un voyant PUR. La notion de pureté est sanctionnée par un délit, pas encore mis en oeuvre contre les faux voyants, mais cela viendra, parce que les avocats manquent encore de pratique. Dans 2 à 5 ans les premières décisions tomberont.


Voici quelques genres spécifiques aux boniments devinatoires

*la fausse célébrité

*les faux secrets ancestraux

*la peudo profession et la pseudo déontologie

*les faux pouvoirs surnaturels

*la fausse morale

*la pseudo cause humanitaire


Quand l'humanitaire sert de boniment à l'astrovoyance

Au titre de la cause humanitaire deux profils caractéristiques se détachent : le professeur Djemaro, et Vinci l'astrovoyant.


Dans les années 1930 le tsigane manouche Djemaro publiait beaucoup de publicités dans la presse quotidienne d'information générale, en offrant son "aide gratuite". Il se présentait en qualité de doyen des astrologues. Terme ambigü. Car doyen signifie le vétéran, or sa photo d'annonce montre le visage juvénile d'un trentenaire. Le second sens du mot doyen s'applique au supérieur d'une faculté. L'écriture des mots, avec une capitale, Astrologues de France, donnait à penser à l'existence d'un organisme de ce genre. Bien entendu inexistant. A cette époque on ignorait encore le BVP, le Bureau de Vérification de la Publicité, auquel on peut s'adresser afin de faire obstacle à la parution de ce type d'annonce. Le ton de Djémaro était social. Il s'adressait aux opprimés, aux découragés de la vie. Ce n'était ni véritablement nouveau, ni non plus spécialement original. En effet, au XVIIe siècle Guy Patin du Collège de France, rapportait des cas de médecins tenant les mêmes propos pour se faire de la clientèle. Et Jean Verdier cite des cas, à la veille de la Révolution Française, dans lesquels le genre de la Charité, au sens catholique du terme, servait d'attrape nigauds. Djemaro a donc adapté au discours de la devination, une habitude ancienne largement popularisée en France pendant plus de 2 siècles, par des docteurs voyous. Toutefois Djemaro fit plus encore. Début 1935, il créait de toute pièce "l'Ordre Universel du Mérite Humain", OUMH en se nommant lui-même Chevalier.


Pour comprendre cette invention il faut se rapporter à la création du Prix Nobel au début du XXe siècle, ainsi qu'à l'attribution au Suisse Henri Dunant du premier nobel de la Paix en 1910 pour la création de la Croix Rouge. A une époque ou Dunant totalement oublié, vivait retiré une retraite misérable, dans des conditions de vie matériellement difficiles. Il y a, certainement, une vision idéaliste dans l'ordre de Djemaro. Lors de l'invasion allemande en 1940, Djemaro disparaissait, sans jamais reparaître ensuite en 1945. Déporté? Assassiné par la Gestapo? On ne sait rien de Djemaro. Il faudrait consulter les Archives Nationales, ainsi que celles de Colombes dans le 92.


L'ordre de chevalerie de Djemaro survécut à sa disparition. Puisqu'en 1967 on le voyait réapparaître à l'initiative de l'astrovoyant VINCI, de retour d'Afrique. A moins que Vinci ne soit une nouvelle identité de Djemaro portant perruque après une sévère pelade. Les âges "collent", Vinci avait entre 65 et 70 ans, le nez visiblement refait à la chirurgie esthétique. Avec un intitulé d'annonce quelque peu modifié.


Le mot Mérite était conservé, auquel il était adjoint ceux de "dévouement Français" à la place d'humain. Vinci était plus patriote que partisan des Droits de l'Homme du client crédule.


VINCI -vainqueur en latin- ne faisait pas dans le gratuit, pas encore réglementé comme il le sera à partir des années 1990. Vinci c'est le système du paiement...après... si la prévision était bonne. Une fausse galéjade méridionale. Car le paiement intervient TOUJOURS, à un moment ou à un autre.


Revenons sur terre après cet élan d'idéalisme. Le Conseil de l'Ordre Universel du Mérite Humain, au 29 de la Rue de l'Industrie à Colombes, dans le 92, n'existe pas. Quand à l'adresse donnée par Vinci, on ne trouve aucun Ordre du Mérite et du dévouement humain. Que du mensonge dans les 2 cas. Car, avec Djémaro, comme avec Vinci, il y avait un moment, où il fallait payer, quel que soit les services exceptionnels à la communauté humaine pour l'un. Et l'apostolat aux personnes souffrantes pour l'autre. Sinon, avec quel argent pouvaient-ils payer de telles annonces? L'horoscope était gratuit, parce qu'industriellement élaboré pour tout le monde. Dans Mes Souvenirs et Mes Secrets(2), le Fakir Birman racontait comment de tels horoscopes étaient rédigés. Il racontait aussi comment il refusa d'établir les horoscopes pour le Xe d'infanterie de l'Armée Française, alors qu'il avait reçu la demande officielle du commandement, bien que sur une carte de visite comme il l'écrivit "ça en jetait" de faire figurer la mention "fournisseur officiel du Xe d'Infanterie". Cela demandait trop de travail d'établir les horoscopes de tout un bataillon. A cette époque l'informatique était inconnue. Et le Fakir, à la différence de Jésus/Jupiter ne pratiquait encore la multiplication des prévisions, pour rassasier tout le monde, après le discours sur la montagne uniquement en se servant de 2 ablettes et de 2 miches de pain. Jésus inventa le MacFish pour tous de Mac Donald avec 2 millénaires d'avance. Et le Fakir refusa de se lancer en 1934 dans l'expérience Astroflash d'Ordinastral, avant que le premier ordinateur personnel ne soit inventé, et installé en 1974 en série sur les Champs Elysées, pour l'amusement des touristes japonais en goguette.


La reconnaissance du service rendu, à la collectivité humaine, servira ensuite d'argument à d'autres margoulins, au cours des années 1980 et 1990, pour se faire connaître en utilisant le genre "humanitaire" comme bobard et boniment. Après l'époque des initiatives sans frontières comme celle de MSF de Bernard Kouchner.


La cause humanitaire dériva ensuite de l'idéalisme de ses débuts, à l'expression matérialiste d'exploitation de plus en plus sauvage. Après la chevalerie, apparurent les Palmes Académiques, mais personne n'osa rédiger la Déclaration des Droits de l'Homme Crédule, DDHC.


A raison de son caractère extrême, la référence à la cause humanitaire fait sourire. Au motif de "qui peut croire ça?". En la matière il faut se souvenir de la règle, plus c'est GROS, plus ça passe. Parce qu'à la base on trouve un biais cognitif appelé l'heuristique de disponibilité. Selon la définition donnée par Kahneman, son auteur, il caractérise la facilité avec laquelle les exemples mentaux permettent les associations d'idées. A première lecture, rien ne choque que des divinateurs offrent des prestations pour soulager des individus, harcelés par les manifestations de l'incertitude dans laquelle leurs vies se trouvent. Nous sommes, à ce stade dans l'illusion de Müller-Lyer. Celle du tableau où deux lignes horizontales ont l'apparence visuelle d'être de dimensions différentes, alors qu'elles ont LA MËME longueur. ILLUSION. Djemaro et Vinci usèrent d'une illusion en publiant une prétention humanitaire.

Leurs victimes en découvraient ensuite le prix.


Henri Dunant proposa à Napoléon III de sauver les blessés sur les champs de bataille, en permettant à une organisation de les ramasser et de les soigner. Il créa ainsi la Croix Rouge, sur la base d'une idée altruiste, en rendant un VRAI service.


Djemaro et Vinci ne créèrent, ni l'un ni l'autre, l'OUMH et le MDF. Ils illusionnèrent leurs contemporains. En usant du faux, du fictif, de l'apparent, d'une idée utopique. Une tromperie.


De la même manière que dans d'autres genres, cette fois non humanitaires, des marioles et des gilles publient sous formes d'annonces, et de publicités, des prétentions selon lesquelles ils exercent une "profession", ou sont dotés d'une "déontologie" par exemple. Rien de tout cela n'est vrai. TOUS, sont des imposteurs. Y compris le dénommé Sissaoui et son association fantoche(3).


Les juges emploient le mot prétention, afin de signifier "affirmations, déclarations, présomptions, dires, paroles, propos" sans fondement, ni réalité légale. Tout est faux et trompeur. Le mensonge n'est pas un délit. Mais la manoeuvre utilisée, en revanche peut l'être selon les cas. Notamment l'emploi d'une fausse qualité, afin de tromper, et se faire remettre de l'argent par ce stratagème. L'article 313-1 du code pénal. Jusqu'à présent, l'emploi des boniments, par les astrologues, voyants, astrovoyants,tarologues et autres tireurs de cartes, consiste, sous des formes diverses, à obtenir ce résultat. Raison pour laquelle, depuis le 2 juin 1843, la pratique divinatoire est réputée une escroquerie par activité.


Afin de contourner cet obstacle, des devinateurs publient, comme Djemaro et Vinci, agir de façon désintéressée permanente. Sans reclamer d'argent du tout. La loi a prévu aussi ce cas, en visant "un bien quelconque, fournir un service, ou consentir un acte opérant obligation ou décharge".


Ainsi, lorsque vous lirez, à l'avenir, des déclarations selon lesquelles il existerait des bons et des mauvais astrologues voyants, parce que les uns se sont dotés d'une éthique, et les autres non. Ces propos constituent des prétentions heurtant le sens commun, ainsi que l'écrit l'arrêt de la Cour d'Appel. Clairement il s'agit d'une tromperie d'individus dont l'activité principale est de tromper.  


Rédaction d'Astroemail pour Astrodiko le dico d'astroemail.














(1) L'exemple est choisi en fonction de la publicité retrouvée. Rambert se présentait comme un initié en Haute Magie et en désenvoutement, déjà célèbre, alors qu'il sortait juste de sa campagne et débutait.

(2) Mes Souvenirs et mes Secrets les nouvelles révélations du Fakir Birman, à paraître chez Astroemail en octobre 2017

(3) condamnée par un arrêt de la Cour d'Appel d'Aix en Provence en 2012 pour inexistence légale





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