Philosophie critique de l'astrologie



    APPLICATIONS ASTROLOGIQUES DE LA PHILOSOPHIE                                           PYTHAGORICIENNE




                       

le dodécaèdre


Le mathématicien Marcus du Sautoy rappelle, dans son ouvrage intitulé Symétrie, la fascination de Pythagore (-570), pour les formes géométriques. Selon l’enseignement reçu en Egypte, lors de son voyage d’initiation. Ainsi que son inclination pour les mathématiques, puisqu’au cours de son séjour au pays des pyramides, il fut capturé par les Perses, et déporté à Babylone, alors capitale orientale de l’arithmétique, où il se forma aux calculs.


De ces expériences nous est parvenu une forme symétrique appelée le dé à 12 faces que Platon, disciple de Pythagore, un siècle après la disparition du guru, nomma le dodécaèdre pentagonal. Que l’on trouvait encore sous forme de dés divinatoires au moyen âge en Europe. Il apparait en effet, que du vivant de Pythagore, sa secte attachait une particulière importance spirituelle à la sphère des 12 pentagones. Dont chacune des faces, s’ornait d’un signe. Images dont la transmission fut assurée de la Mésopotamie à l’Occident, ainsi qu’il résulte d’une étude très documentée de Roland Laffitte, chercheur au CNRS par des listes de diffusion écrites en araméen. Au lieu du grec, langue qui ne servit de traduction que pour établir ensuite la sphaera graecanica (la sphère grecque appelée depuis zodiaque) précédée par ce que les romains nommaient alors la sphaera barbarica, la sphère barbare, citée par Materne dans ses Mathesis ( en 325).


La secte des Pythagoriciens propagea aux siècles suivants le mysticisme attaché à la sphère des 12 pentagones, en lui attribuant des fonctions supplémentaires par des emprunts extérieurs. Ainsi à Empédocle d’Agrigente la théorie dit de la quadruple racine de toutes choses, connue sous le nom des 4 éléments. Platon confirma l’association déjà faite par Empédocle des formes de polyèdres réguliers. A la terre est associé le cube. Au feu le tétraèdre. A l’eau et à l’air l’octaèdre et l’icosaèdre. Seuls polyèdres connus à cette époque et considérés comme des figures de l’harmonie.


On ne possède aucune trace ou, dessin, de représentations d’aspects planétaires sous ces formes, susceptibles de traduire les liaisons observées, et les déductions susceptibles d’y être attachées. Mais il est probable que chez les premiers pythagoriciens, l’abstraction des aspects, considérée sous ces apparences, correspondait vraisemblablement à des interprétations.


De la même manière, Platon, par une extension des notions liées de symétrie et d’esthétique, introduisit le concept d’harmonie en affectant à chaque planète une note musicale. Imaginant la présence d’une sirène sur chaque planète pour régler le ton et la bonne note.


Marius du Sautoy  cite Leibniz selon lequel « la musique n’est que de l’arithmétique inconsciente », en abordant un chapitre sur « le son de la symétrie ». Car la symétrie va des objets physiques à la musique. Ainsi la symétrie en 32 mouvements de Bach (1741) dans ses Variations Goldberg. Chaque mouvement consistant en 32 mesures répétées 2 fois.


Du Sautoy observe que 2000 ans avant Bach Pythagore connaissait déjà les propriétés symétriques de la musique.


De ces trois éléments : la symétrie, les éléments, l’harmonie, les néo pythagoriciens forgèrent ensuite une discipline l’astrologie, en se basant uniquement sur la règle de base de l’enseignement d’Aristote, selon laquelle on trouve toutes les lois régissant l’univers par la réflexion. La vérification par l’observation est inutile.


Or, la remise en cause de ce fondement, par Galilée, en expérimentant la chute du mouvement des corps, porta un coup fatal à l’astrologie. Notamment en définissant les lois du mouvement. Aristote soutenait que l’état naturel d’un corps est d’être au repos. Il ne se déplace que sous l’action d’une force, d’une poussée. Galilée, par l’expérimentation de la Tour de Pise montra que l’action d’une force modifie la vitesse d’un corps, au lieu de le mettre en mouvement. Ce qui signifie qu’un corps au repos, soumis à aucune force, continue à se déplacer en ligne droite à la même vitesse constante. Elle est connue depuis sous le nom de première loi de Newton. C’est la définition de vitesse inertielle.


Ce qui revient à dire que les choses sont autre chose que ce que l’on croit qu’elles sont. Ainsi, au temps d’Empédocle d’Agrigente, et de la formulation de sa théorie de la quadruple racine en 4 éléments, Démocrite répliqua que tout cela n’étaient que des atomes et du vide. Le débat traversa la secte des pythagoriciens, pendant des siècles jusqu’à Manilius, sous l’Empire, lequel crut bon de le clore en invoquant l’argument de la divinité. La réalité apparente extérieure ne pouvait avoir été créée par dieu sous forme de minuscules grains de construction se combinant, et se dissociant, avec du vide. Il fallut la mise au point du Tableau Périodique des Eléments chimiques, à la fin du XIXe siècle, suite aux travaux du savant russe Mendeleïev pour qu’enfin le concept de Démocrite soit reconnu comme la réalité de la constitution de l’univers. Et qu’en conséquence la présumée « quadruple racine » renvoyée à la distinction entre eux des états de la matière. Non à sa composition.


La philosophie pythagoricienne de l’astrologie dite des 4 éléments perdit ainsi un tiers de sa consistance. Les explications reposant sur cette notion ayant perdu toute justification.


En 1977, l’envoi dans l’espace des sondes Voyager apporta la preuve que, contrairement à ce Platon soutenait, les planètes étaient silencieuses. Aucun son ne traverse l’espace, ni musique des sphères, ni symphonie céleste. Le concept d’harmonie municipale du système solaire, cher aux pythagoriciens, disparaissait aussi, emportant un second tiers de la philosophie astrologique. Notamment ses explications selon lesquelles des accords planétaires, explicités en termes d’assonance et de dissonance des relations planétaires, fondaient des applications divinatoires.


Que reste-t-il du concept de base ? La notion de symétrie. C'est-à-dire l’abstraction du langage théorique des figures.


Ainsi la symétrie des équinoxes de printemps et d’automne, connue de longue date en Mésopotamie, donna lieu à une controverse de nature religieuse entre le père des dieux An et la déesse Inanna. Transposition rituelle, et cultuelle, d’une observation du ciel, se formant de l’antiquité à nos jours, vraisemblablement spécifique à la Terre. Mais ces éléments tirés de l’observation astronomique pré existaient à Pythagore.


Depuis, la Science apporta sa contribution en découvrant de nouvelles symétries. Notamment on déduit de l’observation des mouvements elliptiques que les planètes décrivent des aires égales en de temps inégaux. Cela peut se traduire par un dessin sous la forme d'un losange représentant l’année divisée en 4 saisons.


Finalement, il ne reste rien de la vision symbolique et géométrique de l’astrologie de Pythagore. Les réalités à la base de la consistance des idées de sa secte ont disparu.


Les données de Materne « de diametris »  sont à réexaminer sous un angle nouveau. Ainsi Dan Martin observait en 1995 que deux signes opposés sont en réalité complémentaires, et qu’il faut interpréter l’un, en fonction de l’autre et réciproquement. Soit une extension, sous forme d’application nouvelle, de la fonction «diametris ».   


 En vue d’application tirée notamment d’Aristophane, selon laquelle, la symétrie constitue la force dominante dans le choix de nos partenaires, de vie comme sexuel.


La conception symétrique de l’astrologie reste entièrement à explorer. Mais cela en vaut-il la peine? Pour quel intérêt?


le cercle a-t-il 12 triangles isocèles? Et quelles propriétés symétriques?













                                                                 


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