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MAR 30  CRITIQUE FONDAMENTALE DE L’ASTROLOGIE GALLIQUE DE MORIN


posted by felicita on March 30, 2014 8:30 | under General




CRITIQUE FONDAMENTALE DE L’ASTROLOGIE GALLIQUE DE MORIN

 

 
Gassendi et Morin
 
 La principale critique argumentée, de l’œuvre maîtresse de Morin, paraissait en 1649, 12 ans avant sa publication. 1649 année où la rédaction des 26 chapitres, ou livres, était déjà terminée ainsi que Morin l’écrivit lui même. L’appréciation portée sur son travail est celle d’un connaisseur de l’astrologie, le mathématicien Gassendi. Il avait en effet,  formulé en 1638, à Salon de Provence, une série d’observations pertinentes à propos des prédictions écrites de Nostradamus, sur l’horoscope d’Antoine Suffren, dont toutes les circonstances de la vie contredisaient les pronostics rédigés.

 

 Voici le texte que Gassendi adressa à Morin :

« Or en premier lieu, je n’ai point du tout parlé, que je sache, de votre Astrologia Gallica, mais seulement de l’astrologie en général.(…) Cependant est digne de blâme celui qui condamne une chose qu’il n’a point vue, ou qu’il ne connait point. Vous prenez finement l’occasion de dire que votre Astrologica Gallica n’est point jusque ici mise en lumière, et que jusqu’à présent je ne l’ai point vue. Pour avoir prétexte de me blâmer devant tous, de ce que je nie, me moque et tiens pour des bourdes et des chimères, une chose que je n’ai point vue. S’il est de bonne foi, ou non,  de compliquer ainsi les matières du fait, et du droit, pour en tirer ces conséquences, je m’en rapporte. Mais quand j’aurais spécialement parlé de votre Astrologia Gallica, ce que je n’ai point fait, si ce n’est que vous vouliez dire qu’elle est comprise sous l’Astrologie en général, dont en général je me moque. Je crois avoir assez de raisons pour présumer qu’elle se trouvera aussi bien digne de moquerie que la Chaldaïque ou Babylonienne, que l’Egyptienne que la Grecque, que l’Arabique, que l’Italique, et toutes ces autres, lesquelles vous décriez vous-même, pour accréditer la seule Gallique votre chère engeance. Et ma présomption est fondée non seulement sur la connaissance générale que je puis avoir de ces choses. Mais encore sur de particuliers échantillons, que vous avez laissé voir de cette incomparable science. En second lieu, sur ce que pour faire mieux voir le tort que j’ai de la blâmer, vous me reprochez hautement que je n’ai jamais dressé ni jugé aucune figure céleste. Avouez que vous usez envers moi d’une hardiesse bien présomptueuse. Qui mériterait d’être repoussé par un célèbre démenti, si je pouvais obtenir de moi de faire le fanfaron comme vous. Mais me contentant de vous dire que cela est faux, je demande en même temps très humblement pardon à Dieu, de n’avoir autrefois employé que trop de temps après ces bagatelles. Il est vrai qu’il m’en demeure au moins cette satisfaction que j’en ai pour une bonne fois reconnu la vanité. Et que j’ai pris de là occasion d’appliquer mon esprit, et de donner mon temps à de plus solides, plus sérieuses, et meilleures choses. Et non seulement cela mais encore d’en avoir conçu un tel mépris, que j’ai toujours depuis eu en horreur de passer dans le Monde pour un diseur de bonne aventure, et eu pitié de moi-même, de ce qu’en ma jeunesse j’avais été si sot, et si faible que d’y avoir ajouté quelque fois. ….


« la maladie de poitrine qui me prit l’année dernière, et qui continue encore à me travailler, vous avez bonne grâce de m’en parler, maintenant que la chose est arrivée comme si vous n’aviez pas plutôt du me le prédire auparavant, si vous vouliez que je prisse cela pour une preuve de la perfection de votre science devineresse. Je ne sais certes, comment après vous avoir si souvent interpellé de me déclarer par avance quelque événement qui fut capable, sinon de me convaincre. À tout le moins de me rendre vraisemblable la certitude dont vous avez accoutumé d’assurer que vos prédictions sont accompagnées. Vous continuez de m’alléguer des événements ex post facto. Lesquels vous savez bien que je ne prends point pour argent comptant, comme font ceux que vous embabouinez de votre artificieux caquet. Etant fort bien instruit de cette infinie et compliquée variété de maximes, qui fait que, quoi que ce soit qu’il arrive, l’on peut soutenir qu’il devait arriver, sinon par cette voie-ci, du moins par celle-là. Et ce qui est de considérable, que posent deux événements contraires, l’on trouvera parmi ce tripotage, que l’un et l’autre étaient prédits. L’importance serait, d’annoncer déterminément un événement qui fut à venir, et dont la cause ne fut point apparente. Tels qu’étaient il y a 6 ans ma vocation et mon acceptation pour ladite Chaire, ou la maladie contractée ensuite. Mais il ne vous a jamais été possible, ou si une fois, ou deux vous l’avez entrepris, il vous a très mal réussi. »


Les idées maîtresses de ce long texte se résument ainsi :


-        - Les astrologies, gallique ou étrangères, se ressemblent toutes les unes les autres. Aucune ne surpasse l’autre. Notamment en ce qui concerne la Française au regard de ses applications pratiques, et de l’usage qu’en fait son concepteur JB Morin. Un constat de fait.

 

Un second élément fonde l’affirmation de Gassendi, selon laquelle toutes les astrologies ne valent rien. Elles postulent TOUTES que la terre est immobile au centre du système solaire. Gassendi avait la preuve du contraire, que c’était le Soleil, à raison de ses nombreuses observations astronomiques, notamment depuis ses découvertes des lunes de Jupiter. Il prônait l’héliocentrisme par démonstrations de fait. En conséquence, il récusait par méthode, les corrélations symboliques basées sur une mécanique géocentrique. Morin, «géocentriste» convaincu mais sans preuves, éluda l’argument, incapable de comprendre sa portée. Gassendi formulait un concept d'opposition fondamentale de nature purement mécanique.



-        - Le critique s’estime qualifié, connaissant l’astrologie par une pratique passée à partir laquelle il a formé son opinion sur les limites de cette discipline.


-         - Morin pratique l’astrologie en mode rétrospectif, après les événements. Il reconstitue le passé après coup. Il est passé maître dans la technique consistant à faire coller le passé avec une histoire convaincante. Recours à la discipline narrative. Usage systématique du biais de confirmation et de la déformation rétrospective. Il est habile à entortiller ses interlocuteurs dans l’illusion de la prédiction à postériori.  Il est incapable de travailler en mode prospectif. Ainsi que d’utiliser une discipline expérimentale. Ses rares essais se soldent par des échecs. Sa méthode d’astrologie gallique s’avère inapplicable en mode prolepse, car elle ne permet aucune prévision avant l’événement. En écartant les événements susceptibles d’être déduit à l’avance par la simple observation des modes de vie par exemple.

 

Ce à quoi Morin répondit ceci :


« Finalement, pour mon ASTROLOGIE que j’ai nommée Gallique pour honorer ma patrie, vous me faites pitié de la vouloir attaquer. Car étant si ignorant comme vous êtes, puisqu’elle n’est pas encore en lumière, & ignorant de l’astrologie en général, puisque vous la bafouez : qu’en pouvez vous dire que des sottises ? Aussi ne l’attaquez-vous pas par aucune raison, ni en votre grande lettre, ni en votre apologie, de peur de découvrir votre ignorance : mais seulement lui faisant la moue, & disant, que vous vous en moquez, & la tenez pour des bourdes, si elle est comprise sous l’Astrologie en général, Etant aussi bien digne de moquerie que la Chaldaïque, ou Babylonienne, ou Egyptienne, ou Grecque, ou Arabique, ou Italique. Lesquelles vous semblez estimer différentes. Et faites tout de même que si quelqu’un se moquait de l’Astronomie de Tycho Brahé, par ce que c’est la même que celle de Copernic, d’Alphonse, & de Ptolémée, où il se trouvent de notables erreurs, ou bien croyait toutes ces Astronomies être sciences d’espèces différentes. Mais quand ce ne serait que pour le respect de Ptolémée qui a donné les deux sciences d’Astronomie et d’Astrologie, et qui a été si grand personnage, si honoré en son temps, & depuis ce vieux temps ; vous devriez parler de l’Astrologie plus modestement, et ne le point tenir pour un sot, de s’être amusé à des bourdes."


-       -  Vous ignorez de quoi vous parlez et ne dites que des sottises. Morin ridiculise en prenant la critique de haut sur le mode de l'affront personnel au lieu de l'affrontement d'idées.


-        - Ce que vous dites de l’astrologie s’applique aussi à l’astronomie. Respectez les maîtres au lieu de dénigrer, vous qui n’êtes rien. Autrement dit une attitude aristotélicienne sur le mode « le maître a toujours raison » ou la formule aristoteles dixit. Ce qui prouve que Morin était intellectuellement limité ayant alors atteint son niveau d'incompétence.


Morin laissa sans réponse la principale critique portée contre sa méthode, celle de son impuissance prédictive. Il ne tint aucun compte de l’avis de Gassendi. Il suffit de lire le dernier chapitre de son Traité intitulé « des interrogations et des élections astrologiques ». Accompagné de l’exemple en mode analepse du ministre Chavigny qu’il conseilla. Un plaidoyer pour le passé selon lequel ce qui devait arriver arriva. Nulle part l’Astrologia Gallica ne comporte d’anticipation du futur. Ce qui explique vraisemblablement que la publication de son œuvre maîtresse s’accompagna de l’épisode mystificateur de sa fausse date de naissance[1].


L’éditeur, son exécuteur testamentaire, s’employa à faire coller une vie en mode de vérité officielle, arrangée, typique des Biographies des dictateurs du Xxe siècle, avec une fausse date de naissance, afin d’égrener des contrevérités et des mensonges présumés prédits par l’astrologie. Consternant


Que de prétendus astrologues du XXe siècle,  Jean Hieroz, et Henri Selva, tombèrent dans le panneau en se laissant grossièrement abuser. Cela prouve, autant leurs complaisances, par un survol rapide de la théorie de Morin, que leurs absences de recul, leurs limites intellectuelles évidentes, et surtout leurs carences critiques. De piètres professionnels des astres. Il en est de même du professeur d’Histoire, Hervé Drévillon (Lire et écrire l’Astrologie dans la France du Grand Siècle 1610-1715) s’apitoyant sur le pauvre Morin « ce plus malheureux des hommes ». Egrenant les malheurs annoncés par sa date de naissance, en négligeant de vérifier préalablement l’authenticité de la pièce. Tirant ensuite des larmes, à faire pleurer les crocodiles à ruisseaux, sur le fait que Morin fut dans l’impossibilité matérielle, un sous entendu financier, de publier son Astrologie Gauloise. Que n’a-t-il consulté les pièces de son testament, l’argent y était. Morin est mort riche. Les bornes du déplorable sont franchies avec le travail bâclé du professeur Drévillon, jusqu’au pitoyable. Contrairement à ce qu’écrivit Drévillon, l’histoire de Morin ne ressemble nullement à celle d’une « déchéance ». Un minimum d’enquête aurait montré à ce professeur que Morin vivait très bien, propriétaire de son logement à Paris, au fond de l’actuelle rue Rollin dans le 5e arrondissement de Paris, à l’angle de la rue du Cardinal Lemoine.

Après la vie falsifiée de Morin, en mode de vérité officielle, la Faculté nous sert en plus l’histoire de Morin en mode révisionniste. Ce n'est finalement qu'une continuité...

claude thebault
éditeur d'astroemail  30 mars 2014

[1] Astroemail 130 dans « Vie de Morin sans les Astres » apporta la preuve du registre des baptêmes selon laquelle Morin est né à une autre date que celle du 23 février 1583 qui est fausse. L’Astrologia Gallica a été réécrite post mortem afin de faire coïncider des événements fictifs de la vie de Morin avec cette date mystifiée de 1583.  Autrement dit le déterminisme fabriqué de toutes pièces
















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