astrologie,écriture céleste,astrologie arabe






LES TROIS AGES


copyright astroemail.com reproduction interdite


de l'analyse du ciel



Mots clés : écriture céleste,astrologie,astrologie arabe


l'analyse du ciel repose sur la compilation de trois périodes différentes avec des contradictions .  


L'analyse


Par claude thebault, Kaunas



Le XXe siècle a connu une période d’intense brassage  entre les diverses méthodes d’interprétation du ciel. La redécouverte de la Tradition s’accompagnant de l’apport de systèmes exotiques, avec l’introduction en Occident d’une prétendue voie kharmique, une contamination par une croyance non avérée, ainsi que des sensibilisations relevant du passé avec les voies améridiennes, les systèmes aztèques et Incas, précolombiennes, sans oublier les prétendues observations celtes, ou européennes assimilées. Ce mélange indigeste s’effectuant au même rythme que les investigations modernes des années 1930 vers des systèmes directifs, progressifs, prospectifs ou virtualistes, ainsi que la redécouverte des textes arabes remontant au lointain moyen âge.


Le siècle s’achevait sur la révolution des systèmes de communication personnels.  Le minitel en France exploitait commercialement les 3615 pseudos savoirs interprétatifs du ciel. Les premiers pas d’internet virent ensuite la prise d’assaut des sites à noms génériques. Ainsi Meredith Dusquene établissait son domicile à l’adresse astrologie.com, sans nécessairement réunir les qualités d’une diva des étoiles, d’une « lider » de pensée, ou d’une enseignante adressant son savoir au monde entier. Alors que 2300 ans auparavant,  le prêtre Bérose  créait la première académie des étoiles sur l’île grecque de Cos, afin de propager son savoir qui parvint jusqu’à nous à travers le temps.


Au début du XXIe siècle nous sommes en possession d’une masse d’éléments, mal triés, méconnus, employés le plus souvent comme des recettes de cuisine (Mme Teissier prévoyant l’année de sa vie à DSK sur un système de pas de Jupiter hérité des arabes d’andalousie).  En faisant l’inventaire de cet héritage, plus culturel qu’usuel, on distingue clairement trois âges, à partir desquels fonder enfin une discipline susceptible d’être un objet, et un sujet, de connaissance pour l’avenir.


Ces trois périodes s’identifient ainsi : la lecture de l’écriture céleste, la mise au point d’un langage via l’astrologie, la tentative loupée d’une mathématisation des  pronostics.



Le premier âge : L’écriture Céleste -3200 à Bérose -280



Avant les découvertes du cunéiforme au XIXe siècle, s’accompagnant des fouilles en Irak, et de la traduction du sumérien  par Grotenfeld, la connaissance des méthodes, ainsi que l’existence d’un premier âge de l’interprétation du ciel relèvent de l’oubli mémoriel pur et simple.


Certes les écrits de Cicéron, notamment le De divinatione en -42, évoquaient les chaldéens et leur système divinatoire, sans toutefois en livrer d’analyse complète, détaillée, ou informative. Toutefois, sans s’égarer sur les arguments critiquant le système venu de Babylone, diffusé alors dans l’Empire gréco romain, on relève avec surprise, dans le texte latin, l’emploi dès cette époque, ses relations angulaires planétaires. Notamment les quadratures, selon les citations expresses de Cicéron dans son texte. Il est donc démontré que 1700 ans avant la naissance de Képler (1571-1630) il existait un système de calcul des trajectoires planétaires, ainsi que l’emploi des aspects angulaires, comme support d’observations et d’interprétation. Lequel fut ensuite oublié, car expressément condamné par la nouvelle religion des chrétiens notamment au premier Concile de Nicée des 20 mai au 19 juin 325. La théorie des aspects képlérien n’est ni nouvelle, ni moderne. Il faut la considérer comme la redécouverte d’un système interdit par la religion. A bien des égards le christianisme constitua un frein au progrès intellectuel. Cette religion a vraisemblablement fait régresser l’humanité de 2000 ans, dans sa marche vers son expansion.   


Les publications des textes traduits de tablettes cunéiformes au début du XXe, ainsi que les travaux des chercheurs à partir de 1950 permettent de mieux cerner ce premier âge.


Ainsi la discipline se nommait exactement « L’écriture céleste », on en trouve une description très ancienne antérieure à – 2200 dans le mythe du jardinier Sukaletuda[i]. Première application de l’examen des configurations planétaires à des fins d’application pratique en jardinerie.


Alors il leva les yeux vers les terres d'en-bas

Il regarda les étoiles à l'est,

il leva les yeux vers les terres d'en-haut,

il regarda les étoiles à l'ouest;

Il contempla le ciel où s'inscrivaient les Signes.

Dans cette écriture céleste, il apprit les Présages

Il vit comment appliquer les Lois divines

Il étudia les Décisions des dieux

S.N.Kramer l'Histoire commence à Sumer pages 96 et suivantes Flammarion Champs Histoire


Le premier traité au sens exact à nous être parvenu en entier fut écrit sous le règne de Sargon le grand (Sarrukin) le premier roi d’origine arabe à s’emparer des cités sumériennes. Sa légende, plagiée par les hébreux, à propos de l’histoire de Moshe, est celle d’un bébé, confié au fleuve dans un berceau en osier, recueilli par un jardinier sumérien, adopté et élevé comme un sumérien.


Le traité de l’Ecriture céleste était une activité confiée à un corps de prêtres spécialisés nommés barus, ou Examinateurs.


Leur travail consistait à noter les configurations planétaires, ainsi que les événements, à les compiler, puis à consulter leurs bases de savoir lorsqu’ils étaient consultés lors de la répétition des mêmes aspects.


Une partie de leurs données se rapportaient aux observations que l’on classerait dans le domaine de la météorologie et ses applications agricoles.


Jean Bottéro le grand spécialiste Français en assyriologie du XXe siècle publia de nombreuses observations sur la méthode employée par les barus dans l’examen du  ciel. Selon lui elle constituait une approche déductive, « pré scientifique », fondée sur la base d’un raisonnement comportant deux parties : une protase et une apodose. D’une part la description du présage, c'est-à-dire le phénomène céleste observé « si Jupiter se trouve en…. ». D’autre part la conséquence « cohérente » associée au présage, c'est-à-dire le futur envisagé « le roi doit rester dans son palais ». Cette conséquence étant la résultante de plusieurs événements similaires antérieurs, observés et consignés, comme informations reliés à l’apparition du présage.


De nos jours ce système s’apparente à l’emploi d’une requête dans un moteur de recherche.


Le premier âge de l’interprétation du ciel était donc constitué sous la forme d’une base d’informations et de compilations de données établies au fil du temps, sur plusieurs siècles, et vraisemblablement deux millénaires.


Ce système a perduré jusqu’à l’invasion de la Mésopotamie par Alexandre le Grand vers – 300 environ. La conquête de Babylone par le roi Macédonien fut l’occasion pour Bérose, prêtre de Bel, de s’installer à Cos, et de diffuser son savoir aux grecs.



Le second âge de l’interprétation du ciel :

l’astrologie, ou l’emploi du langage des astres. De -280 à 2000

Les créateurs du concept de l’Ecriture Céleste sont incontestablement les Sumériens, puis à leur suite les arabes de Mésopotamie les akkadiens d’Akkade, les assyriens, les babyloniens, et les chaldéens de babylonie.


L’astronomie et la connaissance des constellations, ainsi que leur dénomination apparaissent en Grèce vers – 400, par assimilation des connaissances babyloniennes. C’est ce qu’observe notamment le chercheur Français du CNRS Roland Lafitte dans ses publications  sur les origines des constellations du zodiaque.


L’astrologie constitue, à bien des égards, une assimilation par la culture grecque du savoir babylonien, sous la forme d’un syncrétisme. Toutefois les grecs, dépourvus de la possession des données d’observations cunéiforme des mésopotamiens, contournèrent le problème en appliquant un langage, en remplacement  du savoir accumulé par les Examinateurs de l’Ecriture céleste.


L’astrologie est d’abord un logos, une « logique » des relation entre les astres.


L’enseignement dispensé par Bérose à Cos y prédisposait dans la mesure où il apportait avec lui une connaissance établie des significations des 7 planètes principales connues à cette époque. Le langage des grecs consistait à appliquer des relations entre les stéréotypes, puis à en donner une sorte de codification par signe, par relation etc… De façon caricaturale une forme d’application des relations dans notre théorie des ensembles. Un élément A associé à un élément B donne un sous ensemble C ayant pour caractéristiques….


Globalement cet ensemble dialectique nous est parvenu sous la forme de ce qui est appelé la Tradition.


Cependant on notera que la logique apparente des grecs diffère considérablement du raisonnement déductif employé par les Examinateurs du ciel, décrit par Bottéro dans son ouvrage « Mésopotamie l’Ecriture, la raison et les dieux ».


Les Examinateurs devaient décrire la formation exacte du présage, et en donner une prévision  adaptée, quasi spécifique. Individualisée. Alors que le logos des grecs considère le présage (la configuration planétaire) comme un symbole généralisant, associé à une conséquence elle aussi globale. Sous la forme accentué cela donne un aspect lune jupiter = popularité et lune saturne impopularité. On arrive au simplisme, et à la simplification.


Second écueil, de l’assimilation grecque du système babylonien, l’emploi des fausses logiques. Les grecs raisonnent certes, mais les relations appliquées aux symboles planétaires peuvent se révéler fausses, illogiques, ou constituer des sophismes. De ce point de vue l’astrologie semble en comporter beaucoup




Aristote fut le premier logicien à démontrer les imperfections, les dérives, et les tromperies des procédés de raisonnement employés à son époque. Ainsi des effets de persuasion peuvent être employés comme des arguments de raisonnement sans relever de la logique. Des raisonnements trompeurs sont dépourvus de savoir interprétatif. Il peut y avoir des confusions entre le tout et la partie, ex : X voté pour Machin, Machin est pour telle réforme, donc X est pour cette réforme. Ce mode élimine le motif du vote de X.


Ou encore les fausses corrélations : les ventes de whisky en Ecosse  sont en relation avec le revenu des pasteurs. On ne peut en déduire que les hommes d’église boivent le produit des quêtes. Cet indice signifie que les hausses dans les ventes s’accompagnent d’une générosité constatable dans le produit des offices religieux.


Il y a aussi les raisonnements par les généralisations invalides. Le test de la maladie X est fiable à 99%. Si vous êtes positif vous avez 99% de chances d’être malade. Or en réalité un test à 99% donne 1000 positifs là où il n’y a qu’un vrai malade. Donc être positif donne 99,9% d’être sain.


Sur la base des sophismes, donc des raisonnements fallacieux, Astroemail montrait dans son édition datée juin 2012, à propos de l’élection de Hollande présumée fondée sur une relation Jupiter Lune, dite de popularité, qu’une élection présidentielle basée sur Lune Saturne donnait exactement les mêmes résultats en 2004, que celle de juin 2012. Et qu’en conséquence le type de raisonnement du langage astrologique lune+jupiter = popularité était faux. Qu’il convenait d’une part de bien observer le présage formé dans le ciel. D’autre part de l’interpréter dans le ciel de l’individu concerné, afin de voir s’il se formait effectivement. En cas d’absence, il convenait de chercher les motifs de son succès dans une autre relation, sur la base d’un autre raisonnement.


Ainsi on s’aperçoit que la seule application d’un langage, déconnectée du support d’observation de la configuration du ciel, se traduit par des impasses.


Le langage astrologique hérité des grecs permet de théoriser des concepts, mais échoue à remplacer l’examen de l’écriture céleste. L’assimilation grecque appelée astrologie est un échec compte tenu d’une part de sa simplification excessive, et d’autre part de ses fausses logiques.


C’est vraisemblablement pour ce motif que l’astrologie végète, depuis 2000 ans, alternant les phases de déclin, et les phases d’engouement populaire sans lendemain, en une ou deux générations humaines.



Le troisième âge : la mathématisation excessive de 700 à 1300

Les éléments de connaissance du second âge, c'est-à-dire l’astrologie, ont été apportés à l’Occident au cours du Moyen Âge européen, lors des contacts avec les musulmans et les invasions arabes en Europe. Ainsi notamment la transmission vers 1130 des textes grecs du Quadripartitum ou Tétrabiblon, la tétrabible attribuée à Ptolémée, et qui se trouve être une compilation des écrits de Diodore de Sicile et d’Héphaestion de Thèbes au IV siècle. L’ultime héritage de la pensée astrologique grecque. Ces textes conservés par les arabes ont ensuite été transmis notamment à Plato de Tivoli dont on possède encore la publication, original accessible aussi en pdf sur internet.


Les arabes férus de mathématiques s’essayèrent à un mode interprétatif dérivé des calculs. Le phénomène n’est ni nouveau, ni innovant. En effet, les assyriologues et les curieux s’intéressant à la civilisation sumérienne, et à son héritage, savent que très tôt les planètes étaient codées par un chiffrement. Ainsi la Lune, le dieu Sin avait le nombre 30. Correspondant à sa rotation périodique. Cet héritage se retrouve aussi dans l’enseignement dispensé par Mohamed, à ses fidèles dans l’islam afin de d’établir les calculs des dates religieuses et les lunaisons, lorsqu’il est impossible de voir la Lune physiquement pour des raisons météorologiques. L’islam doit être considéré comme la survivance de la religion du dieu Sin. Le nom d’Allah, figurant d’ailleurs dans la liste des premiers dieux Sumériens. Mohamed s’est inspiré d’Ibrahim, originaire de la cité mésopotamienne d’Ur pour fonder les bases de sa religion avec de larges emprunts.


C’est donc entre le 4ème et le 9ème siècle que les arabes développèrent une approche mathématique de l’analyse du ciel, notamment en se fondant sur la prise en compte des étoiles, l’exploitation des textes grecs anciens, ainsi qu’en développant des approches virtuelles, et fictives, sur la notion des parts, ainsi qu’en élaborant la théorie des Révolutions , dont la révolution solaire. Théorie selon laquelle la carte du retour exact du Soleil à sa position de naissance, pou un âge donné, donne les indications des événements pour l’année considérée. Ainsi, il serait possible en changeant de latitude de lieu de se faire un avenir plus ou moins radieux.


Cette idée est une application, sous une autre forme de la pratique arabe dite du substitut royal employée autrefois en babylonie. Ainsi lorsque les configurations planétaires annonçaient une période dangereuse pour le roi, celui-ci désignait alors un substitut ayant pour fonction de le remplacer pendant une durée de trois mois, à qui les pouvoirs de diriger étaient remis. Le trimestre passé, le substitut était alors exécuté et mis à mort avec tous les honneurs, et le roi retrouvait son trône. L’histoire rapporte, ainsi qu’il résulte de cas observés, que même en mettant un substitut à sa place le roi était toujours en situation précaire. Ainsi cet exemple d’un monarque décédant après la consommation d’un potage trop chaud. Le substitut régna, et une nouvelle dynastie s’affirma sur le trône.



La pratique de la Révolution solaire consiste à interpréter une carte annuelle résumant à elle seule 12 mois de transits. A l’examen il est facile de montrer qu’en aucun cas une révolution solaire dispense de l’analyse des transits d’une année complète. La seule information de la carte de la révolution solaire ne concerne que celle de la date journalière pour laquelle elle a été établie.  Nombreuses sont les personnes à « croire » car cela ne relève que d’un effet de croyance à cette théorie du substitut annuel.


A l’examen la mathématisation de la période arabe s’accompagne de l’usage de nombreux éléments superstitieux, et l’on se rend compte ainsi du dévoiement de ce dernier âge. La mathématisation de l’analyse interprétative du ciel s’écroula lors de la dispute sur la survenue de la conjonction Jupiter Saturne de 1524 en Poissons interprétée comme l’annonce d’un second déluge. Réfutation de la théorie dite «des grandes conjonctions». Les arabes développèrent la théorie dite des «élections» ou moment le plus favorable pour accomplir une action, une forme de systématisation de l’astrologie horaire. Il y eut aussi des applications en néo natalité absolument démentes notamment le fait que le fœtus de 7 mois est viable, mais celui de 8 mois ne pouvait l’être au motif qu’il se trouvait sous l’influence «maléfique de Saturne refroidissement et desséchement». Ce qui revenait à dire qu'un la naissance d'un prématuré de 8 mois donnait lieu à l'expulsion d 'un cadavre. Une imbécilité rare comme seule l'astrologie est en mesure d'en aligner.


L’emploi des mathématiques  influença  le regain de l’astrologie en France au début du XXe siècle lors de l’accaparement de l’astrologie par des ingénieurs des mines, notamment Pierre Rougier encore appelé Don Néroman, ses directions farfelues, ses lunes et ses nœuds, des délires d’équations aux applications contredites dans la réalité.  


Un acquis de la période arabe mérite l’attention, la propagation de la théorie des cycles planétaires par l’astrologue  Albumazar




En conclusion de ce long exposé, la pratique montre que l’observation du ciel ne saurait être remplacée par aucun système, ni logique, ni concept mathématique. L’époque post moderne a doté la discipline d’outils indispensables comme les éphémérides précis, autant astronomiques qu’astrologiques, ainsi que de logiciels. Le grand avantage aujourd’hui est chaque jour d’ouvrir son logiciel et de voir l’état du ciel réel.


Sur ces fondements il faut désormais concevoir l’astrologie comme une discipline de connaissances et de savoir transmissible, afin de préparer le quatrième âge de l’analyse du ciel. En développant des recherches, en expérimentant, et vérifiant des thèses, afin de constituer enfin un corps de doctrine reposant sur les bases du savoir au lieu des croyances.


claude thebault 07/12



[i] Inanna und Sukaletuda: Zur historisch-politischen Deutung eines sumerischen Literaturwerkes. By KONRAD VOLK. SantagArbeiten and Untersuchungen zur Keilschriftkunde, vol. 3. Wiesbaden: HARRASSOWITZ VERLAG, 1995. Pp. zv + 227, 9 plates..















"diffusion en matière juridique de renseignements et informations à caractère documentaire

en application de l'article 66-1 de la loi du 31/12/1971 reproduction interdite"

Une - Actualités-Editeur -AstroDiko - Astrosofie - Blog -Culture - Magazine - Legalis - Mystifications - Société


                                                  Engagement consommateur   droits intellectuels

                         

                                       ©2017-2003 Tous Droits Réservés www.astroemail.com  ISSN 2267-2702