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26 ans d'imposture du déclin de l'astrologie ordonné par le Pouvoir politique





AFFAIRE DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES



Louis XIV et Colbert : conjointement accusés du déclin de l'astrologie



Lorsque l'extravagance change de registre. Que la rumeur est construite sur des supports de désinformation. Alors commence l'astro mystification de grande ampleur. Ce mouvement se dessine, avec la transformation en cours, du hoax Colbert tueur de l'astrologie!  



Par claude thebault


ACCUSATIONS RECURRENTES

Fin des années 1990, début du XXIe siècle, le thème du déclin de l'astrologie, suscité par le pouvoir politique, revient régulièrement dans les propos des astrologues. Retenons deux manifestations significatives. Un article dans l'édition de la revue Astres, daté janvier 2006, signé par son chroniqueur vedette Dan Martin "l'infaillibilité ministérielle". Une note diffusée en mars 2001 par Suzel Fuzeau Braesch, second auteur d'un Que Sais-je de l'Astrologie (1989-1996), dans laquelle elle évoquait, dans l'histoire de l'astrologie, son exclusion de l'Académie des Sciences .


Dans l'un comme dans l'autre texte, la même accusation.


- Dan Martin écrivait : "il n'est pas question de faire ici l'historique des relations entre l'astrologie et l'astronomie, mais d'en montrer un épisode particulier : le reniement de celle qui leur avait donné le jour par ses enfants indignes lors de la création de l'Académie des Sciences. Celle-ci fut fondée en 1666 par Colbert sous le nom d'Académie Royale des Sciences..." FAUX!


- SFB: "Colbert ne l'a pas retenue, en même temps que la politique dans le champs des études de l'Académie des Sciences". FAUX!


DÉSINFORMATION ACTIVE

Les charges, et les calomnies, portent d'autant mieux que l'histoire de cette institution est méconnue.Sa formation, initiale, confidentielle, quasi secrète, sans statut officiel, surveillée autoritairement par le Pouvoir, comme un laboratoire d'expérimentations cachées pour quels usages? Cela débuta avec des réunions informelles dans la bibliothèque du roi à Versailles le 22 décembre 1666. Que pensez-vous qu'un monarque, en guerre contre les puissances européennes, puisse demander à un petit groupe composée de mathématiciens et de physiciens? De calculer les nombres de Fibonacci dans les toiles d'araignées des plafonds du palais de Versailles? Ou plutôt d'améliorer son armement? Souvenez-vous, de cette formule, coulée dans l'alliage, figurant sur ses canons "ultima ratio regis" le dernier argument des rois. Recherche d'une supériorité technique en fonction des moyens de son époque : poudre, portée des armements, cannoneries etc !...


Les deux auteurs cités, Dan Martin et SFB, accréditent l'idée d'une décision ministérielle, du type commission administrative, alors qu'aucun texte de ce genre n'existe dans la nomenclature des actes du régne de Louis XIV, publiée sous le titre Ordonnances des Bourbons, par Isamber, Decrusy et Taillandier de 420 à 1789. Une commission consultative pour quoi faire? Améliorer la démonstration d'Euclide des nombres premiers? Rechercher des nombres cubiques, ou des équations quadratiques? Alors que l'on se trouve en présence d'une décision régalienne du monarque, sans rapport avec le mécénat intellectuel.


Louis XIV dans les motifs de délivrance des Lettres Patentes de création écrivait d'ailleurs:

"notre très honoré seigneur et père, ordonna en 1635 l'établissement de l'Académie Française pour porter la langue, l'éloquence et la poésie au point de perfection où elles sont enfin parvenues sous notre régne.....Nous formâmes, en 1666, une académie des sciences, composée des personnes les plus habiles dans toutes les parties des mathématiques et de la physique....quand la paix de Riswick eut rendu le calme à l'Europe, nous songeâmes à leur donner un témoignage authentique de notre satisfaction; nous leurs accordâmes des réglements signés de notre main..."


En effet, le réglement de la communauté informelle, date du 26 janvier 1699 : "le roi voulant donner des marques de son affection à l'académie royale des sciences , S.M.a résolu le présent réglement, lequel elle veut et entend être exactement observé..." Autoritaire, car ses savants travaillaient, vraisemblalement, sous contrôle! Même si, en 1699, le texte du réglement suggère que la bride est relativement desserrée. Puisque le groupe clandestin passe sous l'autorité d'un secrétaire d'État, anonyme, lui aussi. Décidément du niveau services secrets de Sa Majesté.


Louis XIV s'exprime à demi mot. Lorsque la Paix de Riswck fut signée, la collaboration cessa, le groupe des savants de l'effort de guerre fut "démobilisé" au profit de travaux appropriés à la recherche pure, et non plus appliquée. Vint alors le temps d'un réglement intérieur, avec son mode de fonctionnement, ses sociétaires, comportant une timide ouverture sur le recrutement de membres associés venant de l'étranger. Huit au total sur 70 membres en tout. Un recrutement étoffé en nombre précis. Avec procédure d'agrément, personnel, de Sa Majesté. L'ensemble restant, toutefois, sous étroite surveillance, astreint à une sévère obligation de résidence. Puisque le domicile imposé est celui de Paris. En cas de nécessité de déplacement hors de la capitale, le remplacement, définitif, est la règle. Autrement dit l'Académie est sous contrôle serré et vigilant. Une telle contrainte ne se justifie pas par la recherche en physique, ou en astronomie. C'est beaucoup plus qu'une obligation Secret Défense ordinaire que l'on signe pour y être admis. Une contrainte, forcée, de résidence parisienne, afin d'être à la disposition du Roi à tout moment.


En même temps, les espions, dans les ambassades étrangères à Paris, découvraient 33 ans après, en janvier 1699, l'existence de ce cabinet secret de savants, par la révélation qui en était faite, dans ce qui tenait lieu, à l'époque, de Journal Officiel des décisions royales.


On ne trouve, nulle part, de texte officiel, de lettres de pouvoir, ou de circulaires d'État, selon lesquels le ministre Colbert figure en qualité de décisionnaire, créateur, animateur, ou même signataire dans l'établissement de cet organigramme en 1699. Et pour cause!


En conséquence de quoi, la formation d'un groupe non statutairement constitué, à partir de décembre 1666, en vue de réunions, cachées, à périodicité inconnue, jusqu'en 1699, année à partir de laquelle elles sont réglementées et "calendarisées", ces faits matériels successifs ne sauraient valoir texte instituant une académie officielle, par la pratique clandestine. D'autant que l'organisme n'obtint sa reconnaissance statutaire, que lors de sa création légale, en février 1713. Soit un délai de presque un demi siècle,47 ans, de fonctionnement dissimulé, camouflé, dérobé à la vue de tous. Au Recueil des actes du régne de Louis XIV, année 1666, on ne trouve aucun texte portant création de ce groupe informel. Inconnu, inexistant!


Il apparait ainsi, que de 1666, à 1713, Louis XIV mit un temps, incroyablement LONG, avant de se séparer de "son cabinet scientifique". L'officialisation de l'Académie Royale des Sciences ne se fit que l'année précédant son décès. Contraint de lacher son jouet sous la pression des circonstances de sa fin de vie. L'organisme prit alors son essor en devenant indépendant.


Enfin, le ministre Colbert s'était retiré, absent en 1713, comme en 1699. Son décès date du 06 septembre 1683. Les astrologues en général, Dan Martin et Suzel Fuzeau Braesch en particulier, accusent à tort Colbert de faits dont il ne pouvait être l'auteur, avec des divagations.


S'attaquer à un ministre, une manoeuvre en apparence crédible. S'en prendre à Louis XIV, pour le même motif, même après la Révolution, suscite défiance, doute et scepticisme. Qui goberait le message "Louis XIV est responsable de la déchéance de l'astrologie"? Personne!


Dernière observation. Louis XIV précisait, dans ses motifs, "Nous formâmes, en 1666, une académie des sciences, composée des personnes les plus habiles dans toutes les parties des mathématiques..." Force est de constater l'absence de brillant mathématicien astrologue à cette date pour faire partie du peloton des meilleurs de son époque. Médiocrité de l'astrologie.


Les ressorts de cette mystification reposent, en partie, sur un parfum d'ésotérisme. Avec le chiffre 666 dans le millésime de l'année 1666. Ce chiffre symbolique entrebaille la porte des ténèbres du mystère.Pour la seconde partie sur l'énigmatique secret d'une théorie du complot.Celui du discret cabinet scientifique de Louis XIV, régularisé 47 ans plus tard, sert de support à une constante de la conspiration des autorités politiques contre l'astrologie. L'absence de texte en 1666 autorise toutes les inventions. Notamment la mise en cause d'un ministre pour un non acte. Comment apporter la preuve d'un fait négatif? Certains auteurs de la mystification évoquent, aussi, selon une seconde version, l'existence d'un "décret" de Colbert prit cette année là, comportant la rature du mot astrologie, biffé d'un trait de plume. Ignorance du système légal de l'époque, mélangé avec le régime des textes de la Ve République. Le roi dictait sa volonté par des Ordonnances, des Edits, des Lettres Patentes,des Réglements, des Déclarations. Les décrets sont des actes réglementaires du pouvoir républicain.


Les conjurations, et les intrigues, anti astrologiques, fonctionnent jusqu'à la découverte du pot aux roses... .ct


 

pdf du réglement du 26 janvier 1699 et Lettres Patentes février 1713



claude thebault 03/15



 













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