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Audray Gaillard ferme son blog






et le marché de l'astro voyance s'effondre



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Deux événements passèrent inaperçus fin 2012, le départ d'Audray Gaillard de Sud Radio, et le crash de la revue Astrocenter Mag, en décembre, à laquelle elle collaborait. Ces faits comportent plusieurs enseignements. Existe-t-il encore un marché de l'astrologie voyance après l'effondrement constaté par le fiasco d'astrocenter mag?  



par claude thebault, Kaunas



L'ex animatrice de Sud Radio, Audray Gaillard, finissait mal l'année 2012 puisqu'elle annonçait, courageusement, sur son blog, devoir prendre un nouveau départ en 2013. Tout en restant mystérieuse dans sa déclaration. Les Secrets d'Audray Gaillard! Dans le monde feutré du recrutement, ce type d'information s'analyse, généralement, comme la non reconduction d'un contrat de travail. Votre employeur vous remercie sans façons. Allez faire votre nid ailleurs. Une présentation délicate, jovienne, et toute en nuances, de "vous êtes virée". Cela se traduit, dans les entretiens d'embauche, par la formule sociale "j'ai décidé de prendre un nouveau départ". Personne n'est dupe. L'usage de cette expression présente l'avantage de brosser les aspérités déplaisantes d'un CV, en projetant l'impression du dynamisme à toute épreuve. La seule image positive d'elle même qu'Audray Gaillard souhaitait donner. Celle d'une battante capable de remuer ciel et terre, comme le slogan de son blog.



Le nouveau départ d'Audray Gaillard consistait, en novembre 2012, à collaborer avec un média presse. Un magazine papier voyait le jour astrocenter Mag. En effet, les maisons de la presse, et les kiosques voyaient débarquer la première édition bimestrielle d'un support inédit d'astrologie voyance. Éditeur du titre, la webvoyance tv Astrocenter. Plus exactement la plateforme téléphonique Wengo, de Vivendi, exploitante, suite à contrat avec la Sté Horoscope.com inc. Audray Gaillard donnait les contours d'Astrocenter hexagonale : n°1 de l'astro en France, 250 voyants en catalogue, 4 millions d'inscrits à l'horoscope du jour. Des gratuits, bien sûr! La première édition du magazine se fit sans campagne de presse particulière. Et même sans campage du tout. A l'exception de la mise en vedette du site internet, aucun affichage sur les lieux de vente, ni envoi de matériel d'information publicitaire. Absence de mailing personnalisé d'Audray Gaillard pour annoncer l'événement dans la profession. La promotion et le marketing étaient en panne. On aimerait connaître les retombées presse!  





Audray Gaillard présentait Astrocenter Mag fin 2012


La seconde édition d'astrocenter mag paraissait en novembre 2012. En se fondant sur plusieurs points de presse, dans cinq régions différentes, l'estimation de tirage avoisinerait les 120 000 exemplaires. Soit environ 4 exemplaires servis par dépôt de vente. En novembre et décembre, il apparaissait que la "prise" était mauvaise. Même avec un gadget en blister, la clientèle boudait visiblement le titre. Alors que le visuel de couverture valorisait la revue dans les présentoirs. Les ventes stagnaient. Le mot clé Horoscope, attractif en Une sur fond rouge, restait sans magie. C'est vraisemblablement sur la base des mauvais retours, et le chiffre inquiétant des invendus du premier numéro, que l'éditeur, un ex de la presse papier, Eric Bonjour, issu du Groupe média Le Nouvel Observateur, stoppait net l'aventure d'astrocenter Mag. Le numéro 3, février mars 2013 ne verra jamais le jour.


L'arrêt d'astrocenter Mag contraignait alors Audray Gaillard à prendre un second nouveau départ. Cette fois sous la forme d'une orientation faisant table rase de son passé. Puisque le 1er février 2013 elle fermait son blog, virait ses archives, et nettoyait ses pages. Laissant un laconique message à ses fans : je quitte Astrocenter. Bye! Divorce? Sans préciser si elle restait astrologue, comme en décembre 2012. Ou si elle se mettait soudainement à la Cuisine pour publier des recettes. Le Mercure à l'estragon. La ciboulette de Jupiter. Une étouffée de Vénus aux morilles avec des herbes de printemps et un coulis d'asperges. Son adieu, un court paragraphe, sonnait cette fois comme un départ sans retour. C'est rare de la part d'une ex astro-voyante d'abandonner si jeune. Une première même! Elle est en passe de devenir la Garbo de la profession en prenant ainsi sa retraite sans tambour ni trompette. S'il est vrai qu'Audray Gaillard n'a de compte à rendre à personne. Nul ne peut ignorer son bide avec astrocenter Mag en moins d'un trimestre, en associant son physique, son visage de blonde et toute sa pétillance à cette revue. On a du mal à penser après ça, qu'elle reviendra un jour en qualité de meneuse de revue au Casino de Paris. Audray Gaillard a cette fois mégoté sur son courage, et économisé sa franchise.





Audray Gaillard fermait ses portes le 1er février 2013



L'échec de la revue astrocenter Mag pose plusieurs questions. Tout d'abord comment un ex du groupe le Nouvel Observateur s'est-il planté sur le lancement d'un titre? Le site astrolibrairie.com avance comme explication l'argument d'une régression dans l'usage des médias. L'erreur de casting et d'orientation. Un média en avance ne progressee que par l'emploi d'une nouvelle technique. Répondre à la demande de sa clientèle webtv, par une publication papier, consistait à se servir des messages de fumée pour communiquer, quand on dispose d'une avance technologique. Ce prétexte de la demande du public d'un format presse, évoqué par Audray Gaillard, se révéla sans consistance. Notamment si le but visé était d'inciter leurs 4 millions d'inscrits à l'horoscope quotidien à un acte d'achat presse. Erreur marketing de conquête d'une clientèle potentielle demandeuse d'horoscopes gratuits. Astrocenter mag ciblait sa clientèle captive, sans se donner les moyens réels de l'atteindre.


L'échec d'astrocenter Mag révèle aussi bien d'autres réalités. Notamment la déliquescence du marché de l'astrologie voyance, en terme éditorial, en capacité d'annonceurs, et surtout en clients. Publier des informations, des reportages, des témoignages, des critiques de livres, ou des enquêtes en astrologie comme en voyance, les lecteurs s'en détournent, cela ne présente plus pour eux d'intérêt. La raison est simple, ils ont tout sur internet en un clic via une simple requête. Quand aux plus dégourdis, ils s'inscrivent sur Facebook, affichent leurs prétentions, et en application de la régle les amis de mes amis sont nos amis, ils reçoivent, sans l'avoir demandé des demandes d'inscriptions gratuites aux forums, clubs secrets et autres listes confidentielles en rapport avec leurs attentes.


C'est ainsi, et pour ces raisons, que disparaissait en 2009 la revue Astres, sans pouvoir suppléer au remplacement de son auteur vedette à peine décédé. Qu'en moins d'une année, la revue Astroh expirait. Et qu'en à peine un trimestre, fin 2012, la naissance d'Astrocenter Mag se concluait en fausses couches.


Le constat est clair et sans appel, il n'y a plus de marché pour un projet éditorial de presse spécialisée en paranormal, en astrologie, horoscope ou en voyance.


En terme de clientèle, les professionnels découvriront bientôt l'abandon de leurs services et de leurs prestations par le public.


En effet, les spécialistes notent actuellement la montée en puissance d'un phénomène qu'ils nomment le "biais de confirmation". Un excellent article publié par Gérarld Bonner, sociologue professeur à Paris Diderot, et co directeur du LIED (Laboratoire Interdisciplinaire des Energies de Demain), fait le point sur cette découverte dans Sciences et Pseudo Sciences de Janvier 2013. La revue de l'Afis. De quoi s'agit-il? Internet se révèle à l'usage un mauvais média. En effet, au lieu de diffuser de la connaissance, il favorise au contraire la propagation des croyances. L'utilisateur moyen d'internet souffre d'un grave manque d'esprit critique, et il recherche des "rencontres" confirmant ses croyances. Les internautes consultent des sources d'informations épousant leurs représentations du monde. Ainsi petit à petit s'instaure sur internet un oligopole des modes de pensée dominantes en faveur de telle ou telle superstition.


Si l'on reporte les observations de Gérard Bronner aux contenus de l'astrologie voyance, on observe qu'avant les années 1980 il existait une astrologie de grand papa, symbolisée par les écrits d'André Barbault. Après les années 1980 apparait une forme de contre culture faite d'un mélange hétéroclite d'influences diverses mixées entre elles. Où les usages occultes de la Théosophie du XIXe siècle voisinnent avec les apports venus du Gange. Alors que la pratique de Grand Papa ignorait les noeuds, les parts, et les fictions, la contre culture agrège les anges, les multiples boucles et rosettes entortillées de la Lune, ses milles et une couleurs, ainsi que ses ombres et les innombrables parts arabes, halal ou non, et quelques unes kasher. On trouve sur You tube des vidéos où des huluberlus tenant école, avec inscription payante, tel Roland Legrand affirment sans rire qu'Uranus équivaut à uranium, Pluton à plutonium et que les aspects entre ces deux panètes ont des effets explosifs atomiques. Les spécialistes en rideaux de fumée, incapable de prédire ou prévoir quoi que ce soit, doués en productions de cache misères, et en fabrication de faux semblants, s'imposent désormais sur le devant de la scène par la maîtrise des outils vidéo et l'usage des télécommunications.


Dans son enquête maronnier, parue à l'été 2012, l'hebdomadaire Marianne daté du 4 août expliquait notamment que les plateformes Wengo ou de type astrocenter sont à l'origine de la liquéfaction des contenus par l'attrait de l'argent et l'exploitation mercantile de la crédulité, résultant de leurs prestations. Ainsi ce profil tracé par l'auteur de l'article, d'un trentenaire quittant son poste de cadre pour devenir tireur de tarots sur Wengo à 3,40 euros la minute, avec projet de s'installer dans les îles et travailler par wifi sur Wengo, les pieds dans la lagune, en faisant fructifier son magot dans le paradis fiscal d'un compte bancaire off shore. Un titre comme "des métiers d'avenir" décrivant les prestations téléphoniques surtaxées contribuent aussi à restituer l'image affairiste et intéressée de ceux qui rejoignent Wengo "uniquement pour faire du fric". Dès lors le bide, et le naufrage d'astrocenter Mag, s'expliquent sans qu'il soit besoin de s'étendre en mouillant son mouchoir avec des larmes de crocodile.


Contenu, s'avère en définitive être le maître mot de toute cette affaire. Ainsi toute une génération, à la fin de années 1980, pensait découvrir avec le védique et le kharma, le nec plus ultra de la divination. Un pur phénomène d'amnésie. Déjà dés les années 1930 Paris était envahi par ces fakirs dont le plus connu était le Fakir de Bénarès, logeant, ainsi qu'André Salmon l'écrivait dans Secrets de l'Inde "à une adresse aristocratique". "C'était quelque part sur le chemin du Bois de Boulogne..."A cette époque, la Lune s'enmélait déjà dans ses lacets, en faisant ses noeuds, un nombre incalculable de fois. La guerre est passée, les fakirs hindous sont partis, emportant avec eux leurs mirages. Woodstock est revenu, emmenant dans la vapeur de ses fumées, les illusions du védique sommeillant sur les bords du Gange. Alors, une seconde fois l'Inde contamine l'Occident de ses hallucinations, dix huit siècles après que l'Occident ait pollué l'Inde avec la traduction de l'Horoscope des Grecs, reproduit dans le Yavanajàtaka. Un prêté pour un rendu en somme.


Les voyants manquent de lucidité. Certains compensent alors en venant piquer le contenu des sommaires d'Astroemail, pour faire leur promotion. Ces voyants là sont des parasites vivant au dépens du travail des autres. Aucun n'égale la grande Madame Fraya, le moule est cassé.


Audray Gaillard a tiré sa révérence.  Serge Bret Morel, auteur sceptique, de considérations philosophiques originales sur l'astrologie, lui consacra un article(1) d'un peu plus de trois paragraphes, en compagnie d'Elizabeth Téssier, une mise sur le même pied de femmes de forces différentes : Affaire Strauss Khan la prévision astrologique surprend encore. Même si le style employé perturbe la délimitation claire de la part d'ironie de l'auteur. En tout cas, perdre un sujet d'écriture, même pour ce que l'on considére être des bêtises, suscite un jour matière à regrets lorsqu'il faut chercher des exemples pour illustrer son propos, parce que les spécimens et les preuves ont disparu. Audray Gaillard, avec son remue-ménage, prêtait facilement le flanc à se faire allumer par la critique. Alors, quelques soient ses succès, et ses déboires, souhaitons à Audray Gaillard, là où elle se rend, de tout coeur bonne chance, pour son nouveau, nouveau départ en 2013.


claude thebault

02/13


1-note SBM 02/10/2011

le but de mon papier était de montrer qu'Audray Gaillard s'était trompée en biaisant ses interprétations par une multiplication de prédictions qui varient selon les circonstances, et l'auteur de la "critique" de mon article me reproche au contraire de faire comme si elle avait formulé une prédiction réussie... pourtant j'ai écrit sur cette même page que cette "prévision réussie" est plus un pari qu'une prévision (comprendre donc qu'elle n'est pas une prévision réussie). Il n'a pas saisi le ton ironique...


Serge Bret Morel














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